Les Beaux-Arts, le quartier qui a pris le nom de son école

Un quartier d’abattoirs devenu quartier d’artistes. D’où vient vraiment le nom des Beaux-Arts, ce que le Verdanson y a séparé pendant des siècles, et pourquoi la place et son marché en restent le centre.

Notre méthode
Une fanfare en costumes joue le soir sous des guirlandes de papier, devant une foule dense, dans une rue du quartier Beaux-Arts
Une fanfare de fête de rue dans le quartier des Beaux-Arts. Photo : Lucas Tabary-Maujean, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Beaucoup de quartiers portent le nom d’une rue, d’une porte ou d’un saint. Celui-ci porte le nom d’une école. Les Beaux-Arts s’appellent les Beaux-Arts parce que l’École supérieure des beaux-arts s’y est installée : c’est l’établissement qui a donné son nom au quartier, et non l’inverse. Avant elle, on y abattait des bêtes et on y logeait des ouvriers. L’histoire d’un faubourg qui a changé de réputation en une génération.

L’essentiel

  • Le nom : il vient de l’école, souvent appelée « École des Beaux-Arts », installée sur son site actuel dans le quartier. Elle s’appelle MO.CO. Esba depuis 2018.
  • Avant : c’était le quartier des abattoirs, un « bas quartier » séparé de l’Écusson par le Verdanson, ouvrier jusque dans les années 1970.
  • Le cœur : la place des Beaux-Arts et son marché, ouvert du lundi au samedi de 7 h à 13 h 30.
  • La curiosité : les quais bétonnés du Verdanson, couverts de graffitis, que l’office de tourisme décrit comme un musée d’art urbain à ciel ouvert.
  • Y aller : l’arrêt de tramway « Beaux-Arts » est desservi par la ligne 2. Le Corum, tout proche, l’est par les lignes 1, 2, 3 et 4.
L’entrée de l’École supérieure des beaux-arts de Montpellier, avec son enseigne en lettres métalliques
L’École supérieure des beaux-arts, rue Yehudi Menuhin : c’est elle qui a donné son nom au quartier. Photo : DePlusJean, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Pourquoi « Beaux-Arts »

La Ville et la Métropole le formulent sans détour sur la fiche officielle de l’établissement : l’école « s’est installée sur son site actuel, dans le quartier des Beaux-Arts », et « souvent appelée “École des Beaux-Arts”, elle a inspiré le nom de ce quartier ». Le raccourci est devenu si naturel qu’on l’emploie aujourd’hui pour désigner un périmètre bien plus large que les murs de l’école : une place, un marché, un bout de boulevard, une certaine idée de la vie de quartier.

L’adresse, elle, est précise : 130 rue Yehudi Menuhin. L’établissement accueille près de 200 étudiants, recrutés sur concours, et plus de vingt artistes et chercheurs enseignants. On y prépare deux diplômes : le Diplôme national d’art (DNA, bac+3) et le Diplôme national supérieur d’expression plastique (DNSEP, bac+5).

Une école vieille de trois siècles et demi

Le fil est long, et la fiche officielle le déroule : une École de droit et des arts est créée en 1249 ; vers 1670, elle devient l’École de peinture de Montpellier. Au XVIIIe siècle, François-Xavier Fabre installe l’établissement, rebaptisé Société des Beaux-Arts de Montpellier, dans les locaux de l’actuel musée Fabre.

Le musée Fabre conserve d’ailleurs la trace de cette société : une trentaine d’amateurs de la province de Languedoc, actifs de 1779 à 1785 autour d’Abraham Fontanel (1741-1817), à qui l’on doit la création d’une école gratuite de dessin et l’organisation de Salons de peinture et de sculpture. Le média municipal de la Ville situe de son côté cette « école des dessins » quelques années avant la Révolution.

La suite est administrative et décisive : en 1872, l’École municipale des beaux-arts devient, par arrêté ministériel, la quatrième École régionale des beaux-arts de France. En 1977, elle prend le nom d’École supérieure des beaux-arts de Montpellier. En 2018, elle devient MO.CO. Esba et rejoint l’écosystème MO.CO., aux côtés de MO.CO. Panacée. Depuis 2011, elle associe la Métropole, le ministère de la Culture, la Région Occitanie et l’Union européenne.

Qui en est sorti ? La Ville cite, parmi les anciens élèves, Alexandre Cabanel, François-Xavier Fabre, Albert Dubout, Germaine Richier, Valentine Schlegel, Pierre Soulages, Robert Combas, Suzanne Ballivet et Vincent Bioulès. Deux commandes publiques signées par des élèves se regardent encore en ville : le projet d’Ernest Michel pour le foyer de l’Opéra Comédie, en 1887, et le plafond des halles Laissac réalisé par Mona Young-eun Kim en 2017.

Avant l’école, les abattoirs

Avant d’être le quartier d’une école d’art, les Beaux-Arts ont été le quartier des abattoirs — et cette réputation leur a longtemps collé à la peau. L’office de tourisme de Montpellier ne tourne pas autour du pot : le secteur a été « longtemps délaissé par les Montpelliérains » à cause de ce passé.

Géographiquement, tout se tient. Ces anciens faubourgs étaient des « bas quartiers », séparés de l’Écusson par le Verdanson. On y a logé la classe ouvrière jusque dans les années 1970. Puis la réhabilitation a fait son œuvre : des cafés et des restaurants sont apparus sur de petites places ombragées, très fréquentées en fin de journée, et le quartier a connu, selon la même source, un essor marqué au cours des vingt dernières années — sans passer par la case grand projet urbain, contrairement à Antigone.

Le lit bétonné du Verdanson entre deux murs de pierre couverts de graffitis, bordé d’immeubles
Le Verdanson et ses quais bétonnés, longtemps la frontière entre l’Écusson et les faubourgs. Photo : Sebjarod, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Le Verdanson, frontière devenue galerie

Le Verdanson est un cours d’eau discret, canalisé, à sec une bonne partie de l’année. Il a pourtant joué un rôle de frontière sociale : d’un côté la ville ancienne, de l’autre les faubourgs. Aujourd’hui, ses quais en béton sont connus pour tout autre chose : les graffitis qui les recouvrent. L’office de tourisme les présente comme « un musée d’art urbain à ciel ouvert » et signale que des visites guidées de street art y sont proposées à la réservation.

La place, le marché, les fanfares

Le vrai centre de gravité du quartier n’est ni l’école ni la rivière : c’est la place des Beaux-Arts et son marché. La Ville le décrit comme un marché quotidien hors dimanche, avec jusqu’à sept commerçants selon les jours — un marché de proximité, donc, pas une halle couverte. L’office de tourisme, lui, insiste sur la qualité et le caractère local des produits.

En pratique

Lieu
place des Beaux-Arts, 34000 Montpellier
Jours
du lundi au samedi (fermé le dimanche)
Horaires
de 7 h à 13 h 30
Taille
jusqu’à 7 commerçants selon les jours

Tous les marchés de la ville, jour par jour, sont réunis dans notre guide des marchés de Montpellier.

Reste l’ambiance, plus difficile à documenter mais tenace : celle des petites places et des fanfares. L’office de tourisme signale un festival des fanfares qui rassemble chaque année plus de dix formations venues de toute la France, défilant dans les rues du quartier. Les dates changent d’une édition à l’autre : elles figurent, le moment venu, dans notre sélection du week-end.

Y aller

Le quartier se tient juste au nord-est de l’Écusson, à quelques minutes à pied du Corum. Un arrêt de tramway porte directement le nom du quartier.

Accès

Tramway
arrêt Beaux-Arts, ligne 2
À proximité
arrêt Corum, lignes 1, 2, 3 et 4
À pied
quelques minutes depuis l’esplanade Charles-de-Gaulle
Quartier voisin
Boutonnet, de l’autre côté du Verdanson

Les lignes et les arrêts cités ont été vérifiés dans les données GTFS publiées par TaM. Attention : plusieurs fiches en ligne mentionnent encore, pour ce secteur, des lignes de bus qui ne desservent pas l’arrêt indiqué. Nous ne citons ici que ce que les données officielles confirment.

Questions fréquentes

D’où vient le nom du quartier des Beaux-Arts à Montpellier ?

De l’école. La fiche officielle de la Ville et de la Métropole indique que l’École supérieure des beaux-arts s’est installée sur son site actuel dans ce secteur et que, « souvent appelée “École des Beaux-Arts”, elle a inspiré le nom de ce quartier ».

Quels jours a lieu le marché des Beaux-Arts ?

Du lundi au samedi, de 7 h à 13 h 30, place des Beaux-Arts. Il est fermé le dimanche. La Ville annonce jusqu’à sept commerçants selon les jours.

Le quartier des Beaux-Arts était-il vraiment celui des abattoirs ?

Oui. L’office de tourisme de Montpellier indique que le quartier a été longtemps délaissé par les Montpelliérains en raison de son passé de quartier des abattoirs, et que ces anciens faubourgs, séparés de l’Écusson par le Verdanson, ont accueilli la classe ouvrière jusque dans les années 1970.

Peut-on visiter l’École des beaux-arts ?

MO.CO. Esba est un établissement d’enseignement supérieur, pas un musée : il n’accueille pas de visite libre. Il fait partie de l’écosystème MO.CO., aux côtés de MO.CO. Panacée. Les conditions d’accès aux centres d’art varient au fil de l’année : vérifiez sur le site du MO.CO. avant de vous déplacer.

Les seize quartiers de la ville sont réunis sur la page Les quartiers de Montpellier, et celui-ci a sa propre page : Beaux-Arts.

Nos sources

Informations vérifiées le 16 octobre 2026 sur montpellier.fr, museefabre.fr, encommun.montpellier.fr, montpellier-france.com et dans les données GTFS de TaM. Une erreur ? Écrivez-nous, on corrige et on le dit.

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