Il suffit de remonter la rue du Faubourg Boutonnet depuis la place Albert 1er pour comprendre : on est encore à dix minutes à pied de la Comédie, et pourtant on a changé d’échelle. Boutonnet est un ancien faubourg agricole devenu quartier d’études et de squares, où la Ville reconstruit aujourd’hui les rues autour des piétons plutôt que des voitures. Voici ce qu’on y trouve, et ce qui va y changer.
L’essentiel
- Où : au nord de l’Écusson, entre la place Albert 1er et la place Krasucki, à cheval sur le secteur Beaux-Arts – Boutonnet.
- L’identité : un quartier des savoirs — faculté de pharmacie, faculté d’éducation, CREPS, Cité des arts et Conservatoire à rayonnement régional.
- Le poumon vert : le parc Sainte-Odile, le square Camille Ernst, le square des Castors réaménagé en 2025, le stade d’athlétisme Philippidès.
- Le chantier en cours : la partie basse de la rue du Faubourg Boutonnet sera entièrement rénovée — réseaux, trottoirs élargis, végétalisation.
- Se garer : zone orange, payante du lundi au samedi de 9 h à 19 h, gratuite les dimanches et jours fériés.
Dans ce repère
Où commence Boutonnet
Boutonnet n’a pas de frontière administrative propre : la Ville le range dans son quartier Centre et l’associe, pour ses projets d’aménagement comme pour son plan de stationnement, au secteur « Beaux-Arts – Boutonnet ». Concrètement, le quartier se déploie au nord de l’Écusson, le long de la rue du Faubourg Boutonnet, entre la place Albert 1er au sud et la place Krasucki au nord.
Schéma Montpellier Inside — non à l’échelle, positions indicatives.
Un faubourg qui a gardé ses murs
Avant d’être un quartier, Boutonnet était la campagne : des mas, des jardins clos, des chemins bordés de murs. Le dessinateur montpelliérain Jean-Marie Amelin y a posé son carnet dans les années 1820 et 1830, et ses lavis racontent mieux qu’un long texte ce qu’était alors ce bout de territoire.

Il en reste des traces, discrètes mais réelles. L’office de tourisme signale qu’au détour d’une rue arborée, on peut apercevoir les vestiges du second château de la seigneurie de Boutonnet, non loin du parc municipal Sainte-Odile. Ce n’est pas un monument fléché : c’est le genre de détail qu’on ne voit qu’en levant la tête.
Le XXe siècle a apporté l’autre couche du quartier : la cité des Castors, construite dans les années 1950, du nom de ce mouvement d’auto-construction où les familles bâtissaient elles-mêmes leurs maisons en s’entraidant. L’association Les Castors de Boutonnet existe toujours — et elle a eu son mot à dire dans le réaménagement récent du square.
Le quartier des savoirs
C’est la vraie signature de Boutonnet, et elle explique la jeunesse de ses terrasses. Le quartier concentre la faculté de pharmacie de l’université de Montpellier, la faculté d’éducation, et le CREPS — le Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive.
Il abrite aussi la Cité des arts, qui accueille le Conservatoire à rayonnement régional de Montpellier Méditerranée Métropole : danse, musique, théâtre, plus de cinquante disciplines, de l’éveil au cycle préparatoire, avec lectures, master-classes, répétitions et concerts. Les enseignements sont répartis entre le site montpelliérain de Grasset et ceux de Castries et Cournonterral.
Un quartier où se concentre l’apprentissage des savoirs, avec le CREPS, la Faculté de Pharmacie et la Faculté d’Éducation, mais aussi la Cité des Arts.
Office de tourisme de Montpellier Méditerranée Métropole
Où l’on respire
Le parc Sainte-Odile est le point de ralliement des familles : la Ville y signale une aire de jeux bordée de bancs, une fontaine et un jardin partagé, sous les érables, les pins et les cyprès. Un peu plus loin, le square Camille Ernst offre la version courte du même plaisir. Côté sport, le stade d’athlétisme Philippidès et des courts de tennis permettent de courir et de jouer sans quitter le quartier.
Le plus intéressant est ailleurs. Au cœur de la cité des Castors, le square avait fini par servir de parking sauvage — « une décharge, un lieu de rénovation de voitures », résume la présidente de l’association des Castors dans le média municipal. La Ville l’a libéré des voitures en juin 2023, puis entièrement réaménagé pour 139 000 €.
En pratique
- Le square des Castors après travaux
- 1 100 m² au total, agrandis de 100 m² pris sur la voirie
- Renaturation
- 650 m² d’espace renaturé, lisière végétale multi-strates, prairie autour de la place centrale
- Biodiversité
- Éclairage du square supprimé pour respecter la faune nocturne
- Concertation
- Projet amendé avec l’association Les Castors de Boutonnet et les habitants : fruitiers, bancs, espace central libre
Petit chantier, méthode révélatrice : on retire des voitures, on désimperméabilise, on plante, et on demande leur avis aux gens d’à côté avant de commencer.
Ce qui va changer
La Ville a publié le programme de requalification du secteur Beaux-Arts – Boutonnet. Il est ambitieux, et il touche presque tout ce qui fait le quotidien du quartier.
- La rue du Faubourg Boutonnet, dans sa partie basse entre la place Krasucki et la place Albert 1er : rénovation complète, renouvellement des réseaux d’eau et d’assainissement jugés « très vétustes », élargissement de trottoirs aujourd’hui très étroits, végétalisation là où c’est possible.
- Le stade Lieutenant Normand, propriété de l’État, aujourd’hui fermé : la municipalité souhaite le rouvrir au bénéfice des établissements scolaires, des clubs sportifs et des usages de quartier.
- La place Émile Combes, décrite par la Ville comme un « parking livré au bitume et à la voiture », appelée à devenir une place arborée et conviviale.
- Les rues aux écoliers : un premier dispositif temporaire a été installé rue Sainte-Lucie, aux abords de l’école Condorcet.
- La nature en ville : des possibilités de désimperméabilisation et de végétalisation ont été identifiées rue Moquin-Tandon et avenue Bouisson-Bertrand.
- L’accès au parc Suzanne Babut, avec un lien piéton envisagé rue Franceze de Cezelli, pensé « à hauteur d’enfant ».
Un point mérite d’être dit franchement, parce que c’est le nerf de la discussion dans tous les faubourgs : la Ville assume que donner plus de place aux piétons, aux terrasses, aux vélos et au végétal implique « de regagner des espaces sur la voiture », et que l’offre de stationnement sur voirie devra être optimisée en conséquence. Les calendriers de ces opérations ne sont pas détaillés sur la page consultée ; nous ne les inventerons pas.
Un mot, enfin, pour la place des Beaux-Arts toute proche : libérée du stationnement et d’une partie de la circulation, elle a gagné des espaces pour les piétons et les terrasses. Ses micocouliers, ses commerces et son marché en font l’une des places les plus agréables du nord de Montpellier.
Y venir, s’y garer
Boutonnet se fait très bien à pied depuis le centre : comptez une dizaine de minutes depuis la place Albert 1er. En voiture, le quartier est classé en zone orange : le stationnement y est payant du lundi au samedi de 9 h à 19 h, gratuit les dimanches et jours fériés, avec une durée maximale de 7 heures. Des zones rouges de très courte durée — 30 minutes gratuites, ticket obligatoire — ont été créées devant les commerces.
Si vous habitez le secteur, l’abonnement résident coûte 15 € par mois ou 150 € par an, et tombe à 3 € par mois ou 30 € par an si vous avez un abonnement TaM mensuel ou annuel. Le détail complet est dans notre mode d’emploi du stationnement à Montpellier.
Tous nos articles situés ici sont réunis sur la page Boutonnet.
Questions fréquentes
Boutonnet est-il un quartier étudiant ?
En grande partie, oui. Le quartier accueille la faculté de pharmacie, la faculté d’éducation, le CREPS et la Cité des arts ; l’office de tourisme décrit la jeunesse comme « l’un des moteurs du quartier ».
Y a-t-il un parc où emmener des enfants ?
Oui. Le parc Sainte-Odile dispose d’une aire de jeux bordée de bancs, d’une fontaine et d’un jardin partagé. Le square Camille Ernst et le square des Castors, réaménagé en 2025, complètent l’offre.
Le stationnement est-il payant à Boutonnet ?
Oui, en zone orange : du lundi au samedi de 9 h à 19 h, gratuit les dimanches et jours fériés, 7 heures maximum. Des places rouges gratuites 30 minutes existent devant les commerces, avec ticket obligatoire.
Reste-t-il quelque chose du château de Boutonnet ?
L’office de tourisme signale les vestiges du second château de la seigneurie de Boutonnet, visibles depuis une rue arborée non loin du parc municipal Sainte-Odile.
Informations vérifiées le 4 septembre 2026 sur la page de requalification Beaux-Arts – Boutonnet de la Ville de Montpellier, la fiche du parc Sainte-Odile, l’article « Quartier Boutonnet, un square des Castors métamorphosé » du média municipal En Commun, la fiche Boutonnet de l’office de tourisme et la fiche stationnement du secteur Beaux-Arts – Boutonnet (PDF). Une erreur ? Écrivez-nous, on corrige et on le dit.
