L’Écusson, le centre historique de Montpellier : d’où vient son nom et ce qu’il reste de ses remparts

Le centre historique de Montpellier doit son nom d’Écusson à la forme d’écu de son enceinte médiévale, la Commune Clôture, dont les fossés sont devenus des boulevards. Voici ce qu’il en reste, et comment en profiter.

Notre méthode
La promenade du Peyrou, la statue de Louis XIV et le château d'eau
La promenade du Peyrou, la statue équestre de Louis XIV et, au fond, le château d’eau. Photo : PierreSelim, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Mise à jour du 28 septembre 2026 : article réécrit, complété et sourcé. La première version présentait l’Écusson comme « l’un des plus grands secteurs piétonniers d’Europe » sans source : la mention a été retirée.

Ouvrez un plan de Montpellier et regardez le centre ancien : les boulevards dessinent un écu, le bouclier des blasons, presque un pentagone. Ce contour est celui de l’enceinte médiévale, la « Commune Clôture », dont les fossés sont devenus des boulevards. C’est pour ça que personne, ici, ne dit « le centre historique » : on dit l’Écusson. Voici d’où vient le nom, ce qu’il reste des remparts, et comment profiter du quartier.

L’essentiel

  • Le nom vient de la forme d’écu du quartier médiéval, dont la muraille était bordée de fossés.
  • Cette muraille, la Commune Clôture, date de la charnière des XIIe et XIIIe siècles : 25 tours et 8 portes.
  • Les boulevards qui ceinturent l’Écusson occupent son ancien tracé.
  • Il en reste deux tours (des Pins, de la Babote) et deux portes, dont l’arc de triomphe du Peyrou.
  • L’Écusson est secteur sauvegardé depuis le 11 août 1967, l’un des premiers de France.

D’où vient le nom

L’Office de tourisme de la Métropole le résume en une phrase : le centre historique doit son nom à la forme d’écu de ce quartier construit au Moyen Âge, dont la muraille était bordée de fossés.

Plan ancien de Montpellier montrant l’enceinte médiévale en forme d’écu et les faubourgs
« La ville de Montpellier, ses enceintes et ses faubourgs au Moyen Âge », plan de Louise Guiraud lithographié par Léopold Combes en 1895 : l’écu se lit au premier coup d’œil. Domaine public, BnF, via Wikimedia Commons. Photo : Louise Guiraud (autrice du plan), Léopold Combes (lithographe) — BnF, département des Cartes et plans, Domaine public, via Wikimedia Commons.

La ville, elle, est née avant ses murs. La Ville date sa naissance du 26 novembre 985, jour où le nom de Montpellier apparaît pour la première fois dans un acte officiel : la donation d’un territoire au chevalier Guilhem par le comte Bernard de Melgueil. Elle se forme ensuite sur deux collines, Montpellier et Montpelliéret, rappelle le guide du secteur sauvegardé publié par la Ville.

C’est pour envelopper ces deux collines que naît la Commune Clôture. Selon le guide, elle remplace à la fin du XIIe siècle un premier rempart, le « mur vieux ». L’Inventaire général du patrimoine la situe au début du XIIIe et la décrit comme une courtine flanquée de 25 tours et percée de 8 portes. Elle était dite « commune » parce qu’elle englobait à la fois la ville et le bourg épiscopal voisin.

Ses fossés ont fait le reste. La muraille a été partiellement détruite à partir de la fin du XVIIIe siècle, mais son tracé est resté, « à l’emplacement des boulevards actuels ceinturant l’Écusson », écrit le guide de la Ville. On a démoli les murs sans effacer leur contour. Résultat : moins de 900 mètres à vol d’oiseau entre la tour de la Babote, au sud, et la tour des Pins, au nord. Un quartier qui se traverse en un quart d’heure, et dans lequel on peut se perdre pendant des années.

Dire « je vais dans l’Écusson », c’est déjà parler montpelliérain.

Ce qu’il reste des remparts

En plus de quelques pans de courtine, quatre éléments de l’enceinte tiennent encore debout, tous protégés au titre des monuments historiques et visibles depuis la rue.

La tour de la Babote, vestige des remparts de Montpellier, surmontée de son ancien observatoire
La tour de la Babote, au sud de l’Écusson, transformée en observatoire en 1741. Photo : G.Mannaerts, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

La tour des Pins, au nord, boulevard Henri-IV, à côté du Jardin des plantes. Un donjon carré à mâchicoulis, dont la partie basse remonte à la seconde moitié du XIIe ou au début du XIIIe siècle, et la partie haute au XIVe. Son nom vient des pins qui poussaient à son sommet, remplacés depuis par des cyprès.

La tour de la Babote, au sud, près de la station de tram Observatoire. Transformée en observatoire en 1741, elle a une anecdote en réserve : en 1783, le physicien Sébastien Lenormand s’est laissé tomber de son sommet pour le premier essai de parachute, raconte la notice du ministère de la Culture. Le télégraphe Chappe s’y installe en 1832.

La porte du Peyrou, que tout le monde appelle l’arc de triomphe, à l’ouest, en haut de la rue Foch. Elle date de 1691 et doit ses plans à Charles-Augustin d’Aviler. Elle ouvre sur la promenade du Peyrou.

La porte de la Blanquerie, au nord-est, rue de l’Université. Elle date de la fin du XVIIIe siècle et porte la signature de Jacques Donnat, l’architecte de la ville à qui l’on doit aussi la fontaine des Trois Grâces, dont nous racontons l’histoire dans notre article sur la Comédie.

En pratique

Tour des Pins
boulevard Henri-IV — inscrite monument historique en 1925 — tram 4 et 5, arrêt Albert 1er – Jardin des Plantes
Tour de la Babote
square de la Babote — classée en 1927 — tram 3 et 4, arrêt Observatoire
Arc de triomphe (porte du Peyrou)
en haut de la rue Foch — classé en 1954 — tram 4 et 5, arrêt Peyrou – Arc de Triomphe
Porte de la Blanquerie
rue de l’Université — inscrite en 1938 — tram 1 et 4, arrêt Louis Blanc – Agora de la Danse
Visiter
les quatre se voient librement depuis la rue ; l’arc de triomphe fait partie de la visite guidée du centre historique de l’Office de tourisme

Un secteur sauvegardé depuis 1967

L’écu est aussi un périmètre juridique. Le secteur sauvegardé de Montpellier a été créé par arrêté ministériel du 11 août 1967, « sur le périmètre initial de l’Écusson », rappelle le guide de la Ville, qui le présente comme l’un des premiers de France. Étendu en 1981 puis en 2001, il couvre aujourd’hui 96 hectares. Depuis la loi du 7 juillet 2016, il fait partie des « sites patrimoniaux remarquables ».

Plaque « Quartier de l’Ancien Courrier » dans une rue piétonne du centre historique de Montpellier
Rue de l’Ancien-Courrier, au cœur du secteur sauvegardé. Photo : GFreihalter, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Concrètement, un plan de sauvegarde y remplace le plan local d’urbanisme, avec des règles fixées parcelle par parcelle ; tout projet qui touche un bâtiment passe par l’architecte des Bâtiments de France. Les études menées pour sa révision, approuvée en 2014, ont repéré 298 rez-de-chaussée voûtés et étudié 26 maisons médiévales une à une. Sur les 107 monuments protégés que comptait la ville en 2013, 97 se trouvaient dans le secteur sauvegardé.

Ce que l’écu protège encore

  • Des ruelles médiévales qui n’ont jamais été redressées : l’Office de tourisme cite la rue de l’Ancien-Courrier, la rue Bras-de-Fer, la rue de l’Aiguillerie. L’ombre y est une institution, et nous en avons fait un petit guide.
  • Des hôtels particuliers aux façades discrètes, dont les merveilles se cachent côté cour.
  • Des places où l’on s’arrête : Saint-Roch, Sainte-Anne, la Canourgue. Et, à la lisière, la Comédie, née hors les murs sur les fossés comblés — la place que tout le monde appelle l’Œuf.

Pour entrer dans les cours avec quelqu’un qui les raconte, le plus simple est la visite guidée de l’Office de tourisme, « Montpellier, le centre historique – L’Essentielle » : deux heures, à partir de 12 € (10 € en tarif réduit), sur réservation. Elle inclut l’arc de triomphe, le mikvé, un bain rituel juif médiéval, et une cour d’hôtel particulier. Rendez-vous devant l’Office de tourisme, côté esplanade Charles-de-Gaulle ; les créneaux d’automne ne sont pas encore publiés.

Ce site porte l’Écusson jusque dans son logo : un tracé de blason, un point posé dedans. Vous êtes ici. Nos autres repères du quartier sont sur la page Écusson.

Venir et circuler dans l’Écusson

L’Écusson est une aire piétonne. Les piétons y sont prioritaires sur tout, sauf le tramway ; seuls les véhicules autorisés (riverains, livreurs, commerçants, taxis, artisans) y entrent, au pas, et le stationnement y est interdit, précise la Ville. Laissez donc la voiture au bord de l’écu : les parkings et les P+Tram sont dans notre mode d’emploi du stationnement.

Le tram, lui, fait presque le tour du quartier. Voici les arrêts qui le bordent et les lignes qui les desservent, d’après les données publiées par TaM :

ArrêtLignesPour rejoindre
Comédie1, 2la place de la Comédie, l’entrée sud-est
Louis Blanc – Agora de la Danse1, 4la porte de la Blanquerie, le nord-est
Albert 1er – Jardin des Plantes4, 5la cathédrale, la tour des Pins
Peyrou – Arc de Triomphe4, 5l’arc de triomphe, la Canourgue
Saint-Guilhem – Courreau4, 5le quartier Sainte-Anne
Observatoire3, 4la tour de la Babote, le sud

Si vous résidez dans la Métropole, le tram est gratuit avec le Pass gratuité : voir notre guide du tram et du bus. En cas de travaux, les dessertes changent : vérifiez sur le site de TaM avant de partir.

Vos questions

Pourquoi appelle-t-on le centre de Montpellier l’Écusson ?

Parce que son contour dessine un écu, le bouclier des blasons. C’est celui de l’enceinte médiévale, la Commune Clôture, bordée de fossés ; les boulevards actuels occupent son tracé.

Que reste-t-il des remparts de Montpellier ?

Deux tours, la tour des Pins et la tour de la Babote, et deux portes, la porte du Peyrou, dite arc de triomphe, et la porte de la Blanquerie. Toutes sont protégées au titre des monuments historiques.

Peut-on circuler en voiture dans l’Écusson ?

Non, sauf autorisation : c’est une aire piétonne, réservée aux véhicules autorisés qui y roulent au pas. Garez-vous dans un parking en bordure ou prenez un P+Tram.

L’Écusson est-il classé ?

Le quartier est un secteur sauvegardé depuis 1967, aujourd’hui « site patrimonial remarquable ». C’est une protection d’urbanisme, pas un classement au titre des monuments historiques — même si des dizaines d’édifices y sont, en plus, classés ou inscrits.

À lire aussi : le Clapas et les autres surnoms de Montpellier ; le brunch dans l’Écusson ; et, un samedi matin, le marché des Arceaux, à cinq minutes à pied du Peyrou.

Sources

Informations vérifiées le 28 septembre 2026 sur les sources liées ci-dessus. Une erreur ? Écrivez-nous, on corrige et on le dit.

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