Mise à jour du 28 septembre 2026 : cet article a été réécrit, sourcé et élargi aux autres surnoms de la ville — l’Écusson, l’Œuf, la Paillade, la Surdouée. Le même jour, nous avons retiré ce qui ne reposait que sur Wikipédia ou le Wiktionnaire (une hypothèse d’origine attribuée à un toponymiste, le gentilé clapassièr, des dates de la Paillade, l’étymologie du nom Montpellier) : sans source primaire, pas d’info.
Le surnom de Montpellier, c’est le Clapas — lo Clapàs en occitan, le tas de pierres. Un surnom affectueux et ancien : à la fin du XIXe siècle, quand presque tous les habitants parlaient occitan, c’est ainsi qu’ils appelaient leur ville. Les autres surnoms que vous entendrez ici désignent des morceaux de ville : l’Écusson pour le centre historique, l’Œuf pour la place de la Comédie, la Paillade pour le quartier de la Mosson. Et « la Surdouée », qui est un slogan. Voici d’où vient chacun.
L’essentiel
- Le Clapas vient de l’occitan clapàs, l’amas de pierres, formé sur clap, le caillou.
- Il désigne toute la ville, et non un quartier.
- Son origine exacte n’est pas documentée : le Département de l’Hérault l’explique par les tas de pierres des garrigues.
- L’Écusson (centre historique), l’Œuf (place de la Comédie) et la Paillade (quartier de la Mosson) désignent des lieux.
- « Montpellier la Surdouée » est un slogan municipal choisi dans les années 1980.
Dans cet article
Le Clapas, un tas de pierres
Le mot vient de l’occitan, la langue qui se parlait ici bien avant le français. Clapàs est formé sur clap, l’éclat de roche, le caillou. Le suffixe en fait un augmentatif et un collectif : un amas de pierres, un pierrier, un éboulis. Sur son site d’étymologie occitane, le linguiste Robert Geuljans rattache cette famille de mots à une racine pré-romane, klappa, répandue dans le Sud de la France, le nord de l’Italie et en Catalogne.

À la campagne, le clapas a un sens très concret : c’est le long tas de pierres qu’on élevait en épierrant une terre pour en faire un champ, explique l’association Pierre sèche et garrigue de Caveirac. Bien rangées, ces pierres devenaient murets de pierre sèche ou capitelles, les cabanes de bergers, rappelle le Département de l’Hérault.
Un détail de grammaire, pour parler juste : on dit lo Clapàs, au masculin, « le tas de pierres ». Robert Geuljans le note aussi : le nom traditionnel de Montpellier n’est pas las clapas, « les pierres ». Il s’agit bien d’un amas.
Lo Clapàs
« Le tas de pierres », au masculin : le nom occitan de Montpellier.
Pourquoi Montpellier ?
Il faut le dire franchement : personne n’a laissé d’acte de baptême, et l’origine exacte du surnom n’est pas établie. L’explication la plus simple tient au paysage.

Le Département de l’Hérault la résume ainsi : avant de devenir une grande ville, l’endroit était couvert de tas de pierres, ces clapas nés de l’épierrement des garrigues, et la ville en a gardé le sobriquet occitan. Le point le plus élevé de Montpellier porte d’ailleurs lui aussi un nom de pierre : le Peyrou, où s’étend aujourd’hui la promenade royale, signifie « mont pierreux » en occitan, rappellent les Archives de Montpellier. Une autre lecture circule, qui ferait venir le surnom des façades en pierre calcaire de la ville : nous n’avons trouvé aucune source qui l’établisse.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est l’ancienneté de l’usage. Le magazine de la Ville, En Commun, le rappelle à propos du peintre et journaliste Édouard Marsal (1845-1929) : à son époque, l’occitan était parlé par la quasi-totalité des habitants de Montpellier, ville « que chacun appelait alors avec affection “le Clapàs” ».
Marsal a donné au surnom son plus beau livre : Dins las carrièiras dau Clapàs, « Dans les rues du Clapas », une cinquantaine de portraits écrits et dessinés des petits métiers et des figures populaires de la ville. Ils paraissent d’abord dans La Campana de Magalouna, un bimensuel montpelliérain en occitan publié de 1892 à 1933 — et consultable aujourd’hui sur Gallica —, avant d’être réunis en volume en 1896. Les éditions Jorn l’ont réédité en version bilingue, avec des photos prises à l’emplacement exact de chaque dessin : le trompette de la place de la Canourgue, la porteuse installée à l’angle des halles Castellane, le vendeur de beignets du boulevard du Jeu-de-Paume.
On peut aimer une ville pour ses monuments. On la tutoie quand on connaît son surnom.
Les barons de Caravètes
Officiellement, les habitants de Montpellier sont les Montpelliérains et les Montpelliéraines. Mais il existe un titre plus rare, et celui-là a une date précise.
Le 30 septembre 1273, raconte En Commun, les consuls de Montpellier achètent la baronnie de Caravètes, un terrain de trois hectares sur l’actuelle commune de Murles, pour 750 livres melgoriennes. Le titre revenant au consulat tout entier, et non à un seigneur, la tradition veut que tous les habitants en héritent : être « baron de Caravètes », c’est être de Montpellier depuis longtemps.
La baronnie disparaît avec les privilèges en 1789, et la Ville vend les terres en 1791. Mais une association, les Barons de Caravètes, fait revivre le titre dès 1930, sous l’impulsion de l’historien Louis Thomas. Ses statuts définitifs, fixés en 1994, le réservent aux natifs de Montpellier dont un parent est lui-même né dans la ville. Les autres peuvent rejoindre les Amis de la Baronnie.
Le Clapas aujourd’hui
Le mot n’a rien d’une pièce de musée. Il ressort dans les noms que la ville se donne à elle-même : Radio Clapas, sur le 93.5 à Montpellier ; la Calandreta dau Clapàs, qui enseigne aux enfants en immersion en occitan ; ou encore la Bourreio del Clapas, qui fait danser bourrées et mazurkas, et le club de disque volant Clapas Disc, tous deux recensés dans l’annuaire municipal des associations.
Dans ces pages, nous écrirons Montpellier la plupart du temps. Mais quand nous écrirons le Clapas, vous saurez qu’on parle de la même ville — vue de l’intérieur.
Les autres surnoms de Montpellier
La ville a la manie des surnoms, et elle les garde. Quatre reviennent sans cesse.

L’Écusson, c’est le centre historique. Le nom vient de la forme d’écu du quartier médiéval, dont la muraille, la Commune Clôture, était bordée de fossés devenus des boulevards. Nous avons raconté l’histoire de l’Écusson et ce qu’il reste de ses remparts.
L’Œuf, c’est la place de la Comédie. L’Office de tourisme donne deux raisons liées : la forme ovoïde de la place, et l’expression « faire l’œuf », du temps où l’on venait y tourner en rond, au XVIIIe siècle, pour voir et être vu. Tout est dans notre article sur la place de la Comédie.
La Paillade, c’est le grand quartier du nord-ouest que la Ville appelle la Mosson. Le premier coup de pioche de sa zone à urbaniser en priorité, la ZUP de la Paillade, date de 1964, rappelle un reportage de l’ORTF de 1972 conservé par l’INA. Le nom officiel a changé, l’usage beaucoup moins : la ligne 1 du tram dessert toujours la station « Halles de la Paillade », à côté du marché que la Ville appelle marché de la Mosson. Et le football a fait voyager le nom : Louis Nicollin a créé en novembre 1974 le Montpellier Paillade SC, rappelle le site officiel du club, qui appelle toujours ses joueurs les « Pailladins ».
La Surdouée, enfin, n’est pas un surnom populaire mais un slogan. Le géographe Jean-Pierre Wolff rappelle, dans la revue Sud-Ouest européen, que Georges Frêche l’avait choisi pour sa ville dans les années 1980 : « Montpellier la Surdouée ». Il s’inscrivait dans une vraie stratégie d’image. En janvier 1985 déjà, relevait la revue Études sur l’Hérault la même année, des affiches signées « Montpellier l’Entreprenante » comparaient dans les rues les impôts locaux des villes du Midi.
| Surnom | Ce qu’il désigne | D’où il vient |
|---|---|---|
| Le Clapas (lo Clapàs) | toute la ville | l’occitan clapàs, « tas de pierres » |
| L’Écusson | le centre historique | la forme d’écu de l’enceinte médiévale |
| L’Œuf | la place de la Comédie | sa forme ovoïde et l’expression « faire l’œuf » |
| La Paillade | le quartier de la Mosson | le nom de la ZUP bâtie à partir de 1964 |
| La Surdouée | la ville, dans sa communication | un slogan municipal des années 1980 |
Vos questions
Quel est le surnom de Montpellier ?
Le Clapas, de l’occitan lo Clapàs, « le tas de pierres ». On entend aussi « la Surdouée », mais c’est un slogan municipal des années 1980. L’Écusson et l’Œuf désignent des lieux précis : le centre historique et la place de la Comédie.
Pourquoi appelle-t-on Montpellier le Clapas ?
Le mot veut dire « amas de pierres » en occitan. L’origine exacte du surnom n’est pas documentée ; le Département de l’Hérault l’explique par le paysage de garrigue, couvert de tas de pierres avant que la ville ne s’étende. Son usage, lui, est attesté au XIXe siècle, quand l’occitan était la langue de presque tous les Montpelliérains.
Comment appelle-t-on les habitants de Montpellier ?
Les Montpelliérains et les Montpelliéraines. Et les natifs dont un parent est né dans la ville peuvent se faire introniser « barons de Caravètes », un titre qui remonte à l’achat d’une baronnie par les consuls en 1273.
Pourquoi dit-on « Montpellier la Surdouée » ?
C’est un slogan choisi dans les années 1980 par Georges Frêche, alors maire, pour vendre l’image d’une ville jeune et ambitieuse. Il n’a rien d’un surnom populaire ancien, contrairement au Clapas.
D’où vient le nom Montpellier lui-même ?
Le nom apparaît pour la première fois dans un acte officiel du 26 novembre 985 : la donation, par le comte Bernard de Melgueil au chevalier Guilhem, d’un territoire situé entre la voie Domitienne, le Lez et la Mosson, rappelle En Commun. C’est pourquoi la ville fête son anniversaire le 26 novembre. Le sens du nom, lui, n’est établi par aucune source officielle.
À lire aussi : Boutonnet, le village dans la ville, un autre ancien faubourg qui a gardé son caractère ; et nos coins d’ombre de l’Écusson, dont la place de la Canourgue où jouait le trompette de Marsal.
Sources
- En Commun, magazine de la Ville de Montpellier — « Dans les rues du Clapàs », figures populaires et petits métiers d’autrefois (17 août 2024) : Édouard Marsal, La Campana de Magalouna, usage du surnom, réédition Jorn.
- BnF Gallica — La Campana de Magalouna, journal montpelliérain en occitan.
- Robert Geuljans, Étymologie occitane — « Clap, clapàs » : racine pré-romane klappa, lo Clapàs au masculin.
- Département de l’Hérault — « Et pourquoi Montpellier s’appelle aussi le Clapas ? » (3 janvier 2012, page archivée) : les clapas des garrigues, murets et capitelles.
- Pierre sèche et garrigue (Caveirac) — Les clapas : sens rural du mot.
- Archives de Montpellier — Le Peyrou et Mémonum, médiathèques de la Métropole — Le Peyrou : « mont pierreux », point le plus élevé de la ville.
- Les Barons de Caravètes et les Amis de la Baronnie (site de l’association).
- En Commun — Les Barons de Caravètes fêtent leurs 750 ans (24 novembre 2023).
- Calandreta dau Clapàs ; Ville de Montpellier, annuaire Antigone des associations — La Bourreio del Clapas, Clapas Disc ; Radio Clapas.
- Office de tourisme — L’Écusson et la place de la Comédie.
- Ville de Montpellier — Marché de la Mosson (accès par la station Halles de la Paillade) ; INA — « Devenir de la ZUP de La Paillade », JT Montpellier, 22 mars 1972 ; MHSC, site officiel — Louis Nicollin, président fondateur.
- Jean-Pierre Wolff, « Le tramway entre politique de transport et d’urbanisme : Bordeaux, Montpellier et Toulouse », Sud-Ouest européen, 2015 ; Philippe Delpech, « Montpellier en sa région : images et représentations d’une capitale régionale », Études sur l’Hérault, 1985.
- En Commun — l’acte du 26 novembre 985.
Informations vérifiées le 28 septembre 2026 sur les sources liées ci-dessus. Une erreur ? Écrivez-nous, on corrige et on le dit.
