Votre facture d’eau à Montpellier : la tarification éco-solidaire, mode d’emploi

À Montpellier, les quinze premiers mètres cubes d’eau de l’année sont gratuits, puis le prix monte par paliers. Voici les tarifs 2026, qui y a droit, et comment lire chaque ligne de votre facture.

Notre méthode
Le château d'eau du Peyrou à Montpellier, terminus de l'aqueduc Saint-Clément
Le château d’eau du Peyrou, terminus de l’aqueduc Saint-Clément. Photo : Christian Ferrer, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Correction du 28 septembre 2026 : une première version indiquait que le diagnostic d’assainissement non collectif était obligatoire à la vente « depuis le 1er janvier 2026 ». C’est inexact : l’obligation est plus ancienne, seuls les tarifs datent de 2026. Le passage a été corrigé et sourcé.

Vous ouvrez votre facture d’eau et vous butez sur les lignes : un abonnement, plusieurs prix au mètre cube, une redevance assainissement, des taxes. La bonne nouvelle, c’est que le système a une logique simple : à Montpellier, les quinze premiers mètres cubes d’eau potable de l’année sont gratuits, et le prix du mètre cube augmente ensuite par paliers. Voici comment lire tout ça, chiffres officiels 2026 en main.

L’essentiel

  • Les 15 premiers mètres cubes de l’année sont gratuits pour les ménages équipés d’un compteur individuel.
  • Au-delà, le tarif monte par tranches : 0,98 € HT/m³ de 16 à 120 m³, 1,46 € de 121 à 240 m³, 2,79 € au-delà.
  • La mesure concerne 14 communes de la Métropole, celles où la Régie des eaux distribue l’eau potable en direct.
  • À cela s’ajoutent un abonnement annuel (18 € HT pour un compteur domestique de 15 ou 20 mm) et la redevance assainissement (1,73 € HT/m³).
  • Une aide « eau solidaire » existe pour les foyers modestes, calculée sur le quotient familial.

Les 15 premiers mètres cubes sont gratuits

C’est le cœur du dispositif, et c’est ce qui distingue Montpellier de la plupart des grandes villes françaises : la première tranche de consommation ne vous est pas facturée. Zéro euro le mètre cube, jusqu’à 15 m³ par an et par abonnement.

L’idée tient en une phrase : l’eau indispensable à la vie — boire, cuisiner, se laver — ne doit rien coûter, et c’est l’eau de confort qui paie. La Régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole parle d’une « tarification favorisant l’eau essentielle à la vie », votée par son conseil d’administration le 12 décembre 2022 et appliquée depuis le 1er janvier 2023.

Quinze mètres cubes, cela représente 15 000 litres sur l’année. Ce n’est pas un forfait à ne pas dépasser : c’est une franchise. Vous consommez 90 m³ ? Les 15 premiers restent gratuits, et seuls les 75 suivants sont facturés au tarif de la deuxième tranche.

Le château d’eau du Peyrou à Montpellier, terminus de l’aqueduc Saint-Clément
Le château d’eau du Peyrou, où l’aqueduc Saint-Clément vient déposer son eau depuis le XVIIIe siècle. Photo : Christian Ferrer, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Les tarifs 2026, tranche par tranche

Les grilles sont révisées chaque année par le conseil d’administration de la Régie. Voici celles qui s’appliquent depuis le 1er janvier 2026, pour un ménage équipé d’un compteur individuel. Les montants sont hors taxes : la TVA et les redevances perçues pour le compte de l’Agence de l’eau viennent s’y ajouter.

Le prix du m³ d’eau potable Ménages, compteur individuel — tarifs HT au 1er janvier 2026 0 € 0,98 € 1,46 € 2,79 € 0 à 15 m³ 16 à 120 m³ 121 à 240 m³ plus de 240 m³ consommation annuelle

Schéma Montpellier Inside — non à l’échelle.

Consommation annuellePrix du m³ (HT)
De 0 à 15 m³0 € (gratuit)
De 16 à 120 m³0,98 €
De 121 à 240 m³1,46 €
Plus de 240 m³2,79 €

L’écart est net : le mètre cube de la dernière tranche coûte près de trois fois celui de la deuxième. C’est volontaire. Le signal s’adresse aux gros consommateurs — piscine, arrosage, fuite non détectée — dans un département où la ressource est sous tension une bonne partie de l’année.

Deux cas sortent de cette grille progressive. Les ménages desservis par un compteur général — un seul compteur pour tout un immeuble — paient un tarif unique de 1,19 € HT/m³, sans gratuité ni progressivité. Et les abonnés « hors ménages » (commerces, entreprises, collectivités) relèvent d’une grille à part : 1,06 € HT/m³ jusqu’à 120 m³, 1,16 € de 120 à 1 200 m³, 1,22 € au-delà.

Qui est concerné, et qui ne l’est pas

Premier filtre : la commune. La Métropole compte 31 communes, mais la Régie des eaux ne distribue l’eau potable en direct que dans 14 d’entre elles : Grabels, Jacou, Juvignac, Lattes, Le Crès, Montferrier-sur-Lez, Montpellier, Murviel-lès-Montpellier, Pérols, Prades-le-Lez, Saint-Brès, Sussargues, Vendargues et Villeneuve-lès-Maguelone. Ces 14 communes regroupent tout de même plus de 80 % des habitants de la Métropole.

Si vous habitez l’une des 17 autres communes, votre eau potable vous est facturée par un autre opérateur et cette grille ne vous concerne pas. En revanche, l’assainissement, lui, est géré par la Régie sur l’ensemble du territoire métropolitain depuis le 1er janvier 2023.

Second filtre : le compteur. La gratuité et la progressivité ne valent que pour les compteurs individuels. Si votre immeuble n’a qu’un compteur général, votre syndic reçoit une facture au tarif unique et la répartit dans les charges : vous ne voyez jamais passer les 15 m³ gratuits. C’est le point de bascule le plus important de tout le dispositif, et il se joue au niveau de la copropriété, pas du locataire.

Les arches de l’aqueduc Saint-Clément le long du boulevard des Arceaux à Montpellier
L’aqueduc Saint-Clément, le long du boulevard des Arceaux. Photo : Daniel Villafruela, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Lire sa facture ligne par ligne

Une facture d’eau montpelliéraine empile quatre choses. Les connaître séparément rend le total beaucoup moins mystérieux.

  • L’abonnement annuel. Il dépend du diamètre de votre compteur, pas de votre consommation. Pour un logement, c’est presque toujours du 15 ou du 20 mm : 18 € HT par an dans les deux cas. Au-dessus, ça grimpe vite : 27 € en 25 mm, 45 € en 30 mm, 72 € en 40 mm.
  • La consommation d’eau potable. C’est la grille progressive vue plus haut, appliquée à votre relevé.
  • La redevance assainissement collectif. Elle paie la collecte et le traitement des eaux usées, et se calcule sur le même volume que l’eau potable : 1,73 € HT/m³ au 1er janvier 2026. Attention : elle n’a pas de tranche gratuite. Même sur vos 15 premiers mètres cubes, l’assainissement reste dû.
  • Les taxes et redevances de tiers. TVA et redevances perçues pour le compte de l’Agence de l’eau ne figurent pas dans les grilles de la Régie : elles sont collectées en plus, pour d’autres organismes.

C’est pour cette raison qu’un foyer qui consomme très peu ne reçoit pas pour autant une facture à zéro euro : l’abonnement et l’assainissement continuent de courir.

Les taxes ou redevances collectées par la Régie pour le compte d’autres organismes (Agence de l’eau, TVA) ne sont pas mentionnées ici.

Mention portée en bas des grilles tarifaires de la Régie des eaux

L’aide « eau solidaire »

La gratuité des 15 m³ bénéficie à tout le monde de la même façon, riches et modestes. La Métropole a donc ajouté un second étage, ciblé celui-là : une aide directe aux foyers les plus modestes, calculée à partir du quotient familial de la CAF et versée par la Régie des eaux.

Sur le dispositif décrit par la Ville et la Métropole, le montant moyen est de 21 € et peut atteindre 200 € ; les versements correspondants ont été réalisés courant 2024. Nous n’avons pas trouvé de barème actualisé publié pour l’année en cours : si vous pensez y avoir droit, le plus sûr est d’interroger directement la Régie des eaux, qui gère le versement.

Cette aide s’inscrit dans ce que la collectivité appelle son « bouclier social », au même titre que la gratuité des transports en commun pour les résidents de la Métropole : nous détaillons ce second dispositif dans notre mode d’emploi du tram et du bus.

Les frais qui peuvent s’ajouter

Au-delà de l’eau elle-même, la Régie publie un bordereau de prix pour ses interventions. Ce sont les lignes qui surprennent quand elles tombent, alors autant les connaître à l’avance. Montants hors taxes, applicables depuis le 1er janvier 2026 :

En pratique

Ouverture ou fermeture du branchement
35 € le déplacement
Absence à un rendez-vous
30 €
Compteur détérioré de votre fait, gel compris (diamètre inférieur à 40 mm)
80 €
Mesure de pression à votre demande
40 €
Pénalité de retard de paiement
15 € TTC, à partir de la 2e lettre de relance

Le poste « compteur détérioré par le gel » mérite un mot : c’est rare à Montpellier, mais les épisodes de gel de février suffisent à faire éclater un compteur mal protégé dans un garage ou un jardin. Un bout d’isolant coûte moins cher que 80 €.

Pour l’assainissement non collectif, enfin, les contrôles sont facturés à part : 200 € HT pour le contrôle de bon fonctionnement d’une installation existante, 230 € HT pour le diagnostic demandé lors d’une vente, 70 € HT pour une contre-visite. Ce diagnostic est obligatoire en cas de vente d’un logement non raccordé au tout-à-l’égout : le rapport doit dater de moins de trois ans au moment de la signature (article L1331-11-1 du Code de la santé publique). L’obligation n’est pas nouvelle : seuls les montants ci-dessus datent du 1er janvier 2026.

Vos questions

Faut-il faire une démarche pour avoir les 15 m³ gratuits ?

Non. La gratuité s’applique automatiquement à la première tranche de tout abonnement de ménage équipé d’un compteur individuel, dans les 14 communes desservies par la Régie. Elle apparaît directement dans le calcul de la facture.

Je suis locataire dans un immeuble avec un seul compteur. Qu’est-ce que j’y gagne ?

Rien directement, et c’est la limite du dispositif. Un immeuble à compteur général est facturé au tarif unique de 1,19 € HT/m³, sans tranche gratuite. Passer aux compteurs individuels relève d’une décision de copropriété ; la Régie facture un contrôle de conformité de 100 € HT par tranche de 10 compteurs dans ce cadre.

Les 15 m³ sont-ils gratuits aussi pour l’assainissement ?

Non. La redevance assainissement collectif (1,73 € HT/m³ en 2026) s’applique dès le premier mètre cube consommé. Seule la part « eau potable » bénéficie de la gratuité.

Les prix affichés sont-ils ceux que je paie ?

Pas tout à fait : les grilles de la Régie sont publiées hors taxes. La TVA et les redevances collectées pour l’Agence de l’eau s’ajoutent au montant final. Pour une estimation personnalisée, la Régie propose un simulateur de facture depuis son espace « tarification ».

Ma facture a explosé sans raison. Que faire ?

Une hausse brutale signale presque toujours une fuite après compteur. Relevez votre compteur le soir, puis le matin sans avoir tiré d’eau : si les chiffres ont bougé, la fuite est chez vous. Signalez-la rapidement à la Régie : au-delà de 240 m³ par an, chaque mètre cube perdu vous est facturé 2,79 € HT.

À lire aussi : le marché des Arceaux, mode d’emploi, juste sous les arches de l’aqueduc qui alimentait autrefois la ville ; et, pour le vocabulaire local, pourquoi le centre s’appelle l’Écusson.

Sources

Informations vérifiées le 25 septembre 2026 sur les sources liées ci-dessus. Une erreur ? Écrivez-nous, on corrige et on le dit.

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