Il faut le voir pour y croire : à dix minutes à pied de la Comédie, Montpellier possède un quartier entier dessiné comme une ville antique — colonnes, frontons, places en hémicycle. Antigone n’est pas un décor de cinéma. C’est l’un des projets urbains les plus audacieux de la France contemporaine.
Un architecte catalan et une page blanche
À la fin des années 1970, la ville récupère d’anciens terrains militaires entre le centre et le Lez. Elle confie la page blanche à Ricardo Bofill, architecte catalan connu pour son néoclassicisme monumental. Son idée : prolonger la ville vers le fleuve par un grand axe piéton, habillé comme une cité gréco-romaine.
Le détail qui change tout
Derrière les colonnades et la place du Nombre d’Or, Antigone n’a jamais été un quartier de prestige réservé à quelques-uns : une grande partie des immeubles accueille des logements sociaux et des équipements publics. Le monumental pour tous — c’était le pari, et il fait encore débat chez les architectes.
Une ville antique posée sur la rive du Lez, avec du linge aux fenêtres : Antigone est exactement ça, et c’est ce qui le rend attachant.
Le parcourir comme il a été pensé
- Partir du Polygone et traverser le quartier dans l’axe, d’ouest en est — c’est une perspective, elle se lit dans l’ordre.
- S’arrêter place du Nombre d’Or, dont les proportions suivent — le nom ne ment pas — la règle d’or.
- Finir sur l’esplanade de l’Europe, l’hémicycle qui s’ouvre sur le Lez, au coucher du soleil.
On reviendra à Antigone pour parler de ses habitants, de ses commerces et de ce que le quartier dit de la ville qui l’a construit. En attendant : allez-y à pied, et levez la tête.